Comment devient-on influenceur sur Linkedin ?

Interview de Claire Gerardin, consultante indépendante et partenaire de Sextant, sélectionnée par LinkedIn dans les 25 LinkedIn Top Voices 2017 en France (contributeurs français les plus influents).

Claire est experte en communication, relations presse et rédaction dans le secteur des nouvelles technologies.

Quand on connaît l’importance de ce réseau social dans le monde professionnel, cette distinction est une belle reconnaissance de son activité. Une bonne raison pour l’interroger sur ses pratiques, pour comprendre comment améliorer sa visibilité sur LinkedIn !

Voici son retour d’expérience.

Comment devient-on influenceur sur LinkedIn ?

En y postant régulièrement des articles sur des sujets très actuels, qui génèrent beaucoup d’interrogations. L’intelligence artificielle, la robotisation, les cyber-attaques ou encore la blockchain sont des innovations qui promettent de changer nos vies, mais nous ne savons pas encore comment, dans quelles mesures, et quels sont les risques. Il ne s’agit pas de « subir » ces évolutions mais bien de se les approprier et d’être acteur de la vision du monde qu’elles proposent. Aussi je m’attache à présenter ces nouvelles technologies, à réunir de l’information et des avis d’experts, et je propose des pistes de réflexion, pour que chacun puisse s’emparer de ces sujets, se faire son propre avis, et le partager.

Tu es devenue experte en nouvelles technologies ?

Je suis experte en communication, relations presse et rédaction dans le secteur informatique et des nouvelles technologies depuis 15 ans. Ce domaine me passionne car il est riche, et il est transverse à tous les secteurs : la finance, l’industrie, les services, etc. Il aborde des sujets complexes que je m’efforce de transformer en contenus clairs et accessibles. Sur LinkedIn, j’adopte une position de journaliste. Je fais un travail de veille et d’analyse de l’information, et sur la base de mes connaissances, je propose un angle nouveau, souvent très simple. J’essaie de « dédramatiser » certains sujets qui sont sources d’inquiétudes, en réunissant des informations et points de vues divers. Je prends peu position puisque les sujets que j’aborde sont complexes et évoluent vite. Et lorsque je le fais, c’est généralement pour véhiculer le message que nous ne sommes pas des « victimes » passives des nouvelles technologies mais bien acteurs de leurs impacts sociétaux.

Ou trouves-tu tes informations ?

Dans la presse bien sûr, généraliste et spécialisée ; mais aussi en assistant à des conférences; et en interviewant des experts, issus d’entreprises ou organisations clientes ou non.

Expliques-tu pourquoi tes articles génèrent-ils autant de vues (jusqu’à 19.000 pour certains) ?

Parce que je traite de thèmes très actuels, très abordés dans les médias. Ce sont des sujets complexes et difficiles à appréhender. On a encore du mal à se représenter l’influence (ou non) des nouvelles technologies sur nos vies, et cette méconnaissance nourrit les fantasmes les plus fous, souvent inspirés par la science-fiction. Comprendre les tenants et aboutissants des cyber-attaques n’est pas évident, ou démêler les fantasmes de la réalité en matière d’intelligence artificielle n’est pas intuitif. La presse exploite parfois – par maladresse ou par cupidité – certaines inquiétudes liées aux nouvelles technologies, et peuvent ainsi véhiculer des informations partiales. J’essaie de proposer une vision différente, plus neutre et exploratoire. Je donne des pistes de réflexions qui incitent à réagir, à commenter, à donner son avis.

En quoi tes articles te permettent-t-ils de faire la promotion de tes services puisqu’ils ne parlent pas de ton métier (la communication, les relations presse et la rédaction) mais du secteur dans lequel tu l’exerces ?

Ils me permettent d’élargir mon réseau de contacts grâce à la forte viralité de LinkedIn. Ils me permettent aussi de montrer à mes futurs clients que je maitrise l’acquisition de visibilité grâce à une communication basée sur la diffusion de contenus et les relations presse – certains de mes articles diffusés sur LinkedIn ont été publiés en tribunes dans Le Monde, Les Echos, La Tribune. Et enfin, depuis ma nomination dans les LinkedIn Top Voices, ils me permettent de proposer à mes clients de bénéficier de ma position d’ « influenceuse » pour gagner en visibilité.

On oppose souvent quantité et qualité des articles sur les réseaux sociaux. As-tu des recommandations en terme de fréquence et de volume de publication ?

Il est en effet tentant de vouloir profiter du fort potentiel de visibilité qu’offre LinkedIn et d’y « publier pour publier », et de la faire très fréquemment. Or, c’est oublier que ses membres sont des professionnels aguerris. Familiers ou non des sujets abordés, ils sont en recherche d’informations de qualité et qui sollicitent leur intelligence, et non leur « temps de cerveau disponible ». Rédiger des articles qui sauront retenir leur attention prend du temps – certains me prennent par exemple jusqu’à trois jours, pour faire des recherches poussées et des interviews – aussi mieux vaut favoriser la qualité à la quantité lorsque l’on n’a pas suffisamment de temps à y consacrer. Je pense qu’une fréquence de publication d’un article tous les 2 mois est le minimum pour gagner en visibilité. Quant au volume des articles, il n’y a pas de règles à mon avis. Il s’agit de développer suffisamment un sujet pour apporter des éléments de réponse aux questions qu’il pose, et des pistes de réflexion pour faire avancer le débat.

Que conseillerais-tu à tes clients pour qu’ils deviennent influenceurs sur LinkedIn ?

De parler de sujets qui intéressent leurs audiences ; de partager leur expertise sans tomber dans un discours promotionnel (ce qui n’est pas toujours évident) ; et de donner leur avis de manière à susciter l’engagement, sans tomber dans des opinions de type « c’est comme ça et pas autrement !». Et bien sûr, je leur conseille de se faire accompagner par des experts de la communication, des relations presse et de la rédaction ! 

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8 janvier 2018